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Julien Vélu (ISCOM 2014) raconte : "Ma Génération Connaît le Bruit des Balles"

Portraits

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08/01/2018

Le Lundi 4 Décembre, j’ai eu la chance d’obtenir une interview avec Julien Vélu, ancien élève de l’ISCOM et auteur du roman Ma Génération Connaît Le Bruit Des Balles. Amateur de littérature et de gastronomie, Julien m’a tout dit (ou presque) sur son roman, ses passions, ses études…

Retour sur cet entretien que j’ai voulu retranscrire avec le plus de sincérité et d’honnêteté possible. 


 

C : Pour commencer, et c’est une question assez évidente : Pourquoi avoir choisi le thème des attentats, et plus particulièrement des attentats du 13 Novembre 2015, pour ton premier roman ?

J : Parce que, forcément, c’est un évènement qui nous a tous marqué.

Après, j’avais la volonté d’en parler de manière un peu différente : ce n’est pas un livre sur le 13 Novembre, mais sur le lendemain, sur le 14 Novembre, sur comment les gens ont pu s’en relever.

J’ai voulu parler des rescapés qui n’étaient pas forcément dans la salle de concert, ou dans les terrasses de café. Des rescapés comme toi et moi, qui ont vécu ça, ici ou à l’étranger, et qui s’en sont relevés d’une manière différente. Dans le livre, tu suis le parcours d’un étudiant, d’un policier, d’un journaliste, d’un sdf, d’une prostituée… Selon ta classe sociale et ton métier, tu as une perception de l’évènement qui est totalement différente.

C : Pourquoi as-tu choisi de présenter différents point-de-vues ? Est-ce que c’était pour avoir un plus gros impact, pour que chacun puisse s’identifier à un personnage, au livre ?

J : Oui, et puis c’est plus juste, car il n’y a pas eu qu’un seul vécu de l’évènement. On a tous eu des regards différents, on a tous eu notre manière de le vivre. C’est ce que je voulais retranscrire dans le livre.

https://medium.com/@holypony/ma-génération-connaît-le-bruit-des-balles-9d1fc9e0cbbe

C : Est-ce que tu les as directement vécus ces attentats, ou est-ce que tu as des proches, peut-être, qui, eux, les ont vécus ?

J : Je pense qu’on les a tous vécu, de près ou de loin. On a tous visité ces lieux-là. Beaucoup sont allés au Bataclan pour des concerts, ou boire un verre dans des bars, des choses comme ça. C’est forcément un évènement qui nous touche. Mais, heu, j’ai oublié ta question (rires). C’était quoi ta question à la base ?

C : (rires) Si tu avais vécu ces attentats, ou si des proches à toi les avaient vécus.

J : Oui, alors je l’ai pas vécu directement dans la mesure où je n’étais pas au Bataclan ou aux différentes terrasses de café. Mais en fait, ce qui me touche, c’est que c’est ma ville. Ce sont des endroits où je suis déjà allé. Ce sont mes lieux de vie. C’est ça qui me touche. 


C : Est-ce que tu as des influences en littérature ?

J : Beaucoup de littérature américaine. J’ai énormément lu de Bukowski, de Bret Easton Ellis, de Jay Mclnerney, de James Frey, des gens comme ça, qui sont des auteurs contemporains que j’ai beaucoup lu, et qui viennent aussi contrebalancer des lectures plus classiques et françaises, qu’on connaît tous: Flaubert, Proust, etc.

C : J’ai vu que ton livre avait été édité par la maison d’édition le Boudoir. Quelle a été ta démarche pour faire paraître ton livre ?

J : C’est un processus d’édition un peu original, dans le sens où dès le départ, j’ai voulu garder la main de A à Z sur le projet.

Quand tu édites un livre, tu peux très vite te faire déposséder de ton texte. C’est-à-dire que tu fais un manuscrit, qui est validé par un éditeur – lui fait office un peu de videur dans l’édition, c’est-à-dire qu’il choisit s’il te laisse rentrer dans le monde de l’édition – qui le débarrasse de quelques coquilles, le corrige, coupe quelques passages qui semblent être inutiles, et puis sur ce livre, Tu touches, dans les meilleurs cas, entre 2 et 5% en termes de droits d’auteur. Tu perds la main dessus, et c’est ce qui me dérangeait avec ce livre-là. Je voulais faire jouer le plus d’amis dedans, et rester assez maître.

Donc je suis passé par une maison d’édition qui s’occupe de la production physique du livre, ainsi que de la présentation. Mais j’ai gardé la main sur la couverture, la relecture, la promotion. Pour ça, je suis passé par des amis. L’un d’entre eux, qui est directeur artistique, s’est occupé de la couverture. Pour la relecture, c’est une amie qui travaille dans une maison d’édition française.

Depuis hier soir, tout a changé. Car depuis hier soir, ma génération connaît le bruit des balles. 

C : Est-ce que tu comptes écrire un deuxième livre ou est-ce que c’est ce sujet là qui te motivait tout particulièrement ?

J : Non, non, non. Je sais que je vais en écrire un deuxième. Je suis déjà dedans, j’ai déjà attaqué l’écriture. 

C : A-t-on le droit à un petit teasing quant à ton prochain livre, ou est-ce que c’est secret ?

J : Il sera un peu plus joyeux. (rires). En gros, ce serait un auteur qui serait en train d’écrire sa toute dernière œuvre. Il y aurait pas mal de rebondissements. Pour le moment, je l’ai surtout écrit comme un film. J’ai des scènes bien définies dans ma tête, des musiques qui les accompagnent. Je pose tout ça sur papier et après, ce sera beaucoup de boulot.

C : Est-ce que tu aurais un conseil pour tout ceux qui veulent écrire un premier livre ?

J : Alors, pour commencer, c’est beaucoup de travail. Comme on dit, le talent sans travail, c’est juste une sale manie. Il faut écrire des textes longs, courts, avec des contraintes, avec beaucoup de lieux, de personnages. Il faut s’entraîner, beaucoup jeter, beaucoup recommencer. Et puis se faire confiance aussi. Il faut crash-tester ses écrits en les envoyant à des personnes qui écrivent déjà, ou qui n’écrivent pas du tout.

Jean D’Ormesson partait du principe qu’il lui fallait 8h pour écrire, 8h pour voir des gens et 8h pour dormir.

C : Cette passion de l’écriture et de la littérature, tu l’as depuis longtemps ?

J : Ouais, depuis très jeune. J’écris depuis très petit. Je lis depuis très petit. Forcément, ça a beaucoup évolué depuis mon enfance.

C : Tu écrivais des histoires, à cet âge-là ?

J : Quand j’étais petit, j’écrivais des histoires entre midi et deux, puis je les récitais à mes copains de classe. Je faisais des exercices où j’écrivais des suites. Je m’entraînais comme ça, et puis j’ai commencé à écrire des vrais débuts d’histoire. Il y a eu des manuscrits qui n’ont jamais abouti, car je n’ai jamais fait la démarche de les retravailler.

C : As-tu, mis-à-part la littérature, des passions ? La musique, peut-être ?

J : La gastronomie. Avant l’ISCOM, j’étais dans un lycée hôtelier. J’ai un parcours un peu atypique, puisque j’ai fait un bac technologique en hôtellerie et restauration. Pour mon bac, j’ai dû déguster du vin. (rires) Puis le cinéma et la musique. La publicité aussi, c’est quelque chose qui me passionne.

C : As-tu des artistes que tu affectionnes plus particulièrement ?

J : Bien sûr ! Et qui influencent aussi mon écriture. Il y a Woody Allen, par sa qualité d’écriture, son humour. Dans la gastronomie, il y a des gens comme Lucas, comme Bocuse, comme Bertrand Grébaut​ - qui est un peu plus jeune.

En fait, ce qui me passionne, et ça va être le dénominateur commun entre la gastronomie et le cinéma, c’est le savoir-faire. Ce sont des gens qui travaillent comme des acharnés sur leurs métiers. C’est ça qui compte.

C : Anciennement, tu travaillais chez Brand Station, une agence de publicité. Maintenant, tu es Social Media Manager chez XPrime, ce qui relève plus du marketing. Est-ce que c’était ta spécialité à l’ISCOM ?

J : Oui. Comme je te disais, j’ai fait de l’hôtellerie et de la restauration. Et, durant ce cursus, j’ai eu des premiers cours de marketing, qui ont éveillé une petite étincelle en moi. J’ai donc voulu m’orienter vers une école de marketing et de communication, et je suis allé à l’ISCOM. Là, j’ai eu une sorte de révélation en me disant « ça c’est un métier qui peut mettre à contribution mes passions : la littérature, la culture. Et c’est un métier avec lequel je vais potentiellement gagner de l’argent ». Donc, ouais, c’est à partir de là que je me suis dis « c’est ça que je veux faire ».

C : Ton bac ne t’a pas posé problème ? Pour ton inscription à l’ISCOM par exemple ?

J : Si, ça a attiré l’œil, mais j’ai contrebalancé avec mon envie, avec ma culture, avec mes connaissances dans le marketing. Je trouve ça bien les parcours un peu atypiques, les parcours de gens qui se sont cherchés, qui se sont trompés, et qui ont commencé autre chose. Personnellement j’en ai bavé pendant mon parcours. Je me souviens de stage, pendant mon bac, à 14-15 ans, où je commençais à 8h du mat’ et où je terminais à 2h. C’était un travail physique tous les jours, surtout pendant les weekends, les jours fériés et les vacances, pendant que mes potes étaient à la plage et que moi je devais travailler. Ça te forme l’esprit et le goût du travail.

S’il y a quelque chose que tu veux vraiment faire, tu peux y arriver

C : Alors, déjà, est-ce que tu as aimé l’ISCOM, et est-ce que tu as aimé le parcours que tu t’y es construit ?

J : Je garde un très bon souvenir de l’ISCOM, très honnêtement. Après, ça dépend surtout de ce que tu en fais. Ce que j’ai le plus apprécié dans cette école, c’est le fait que les intervenants soient des professionnels. Les intervenants sont des gens qui sont en agence, ou chez l’annonceur, et qui t’exposent leur problématique du quotidien. Les cours étaient aussi très variés : il y avait plein de domaines. Ca te permet de tester un peu ce qui te plaît. Les stages sont aussi très importants.

C : Est-ce que tu aurais un conseil pour les élèves de l’ISCOM ?

J : Mettre à profit ces cinq années. Vraiment. Et puis les vivre à fond. Il y a beaucoup de concurrence sur le marché, même entre les écoles de communication. L’ISCOM c’est une très belle école, une grande référence dans le milieu, mais il y a un moment où il faut savoir faire la différence. Il faut travailler comme un acharné. Ne pas hésiter à rencontrer des professionnels du secteur. 


Merci à Julien Vélu pour son temps !

Et pour finir, un extrait du livre Ma Génération Connaît le Bruit des Balles

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